LA REALISATION D'UN ESPACE ECONOMIQUE 

DYNAMIQUE ET SOCIAL 

 
 

Le principal objectif du projet "Refaire la République" est de faire du territoire national un espace économique dynamique à l'intérieur duquel circulent librement les biens et services, les personnes, les entreprises et les capitaux afin de renforcer l'efficacité et le dynamisme des appareils productifs.

Nos priorités visent à favoriser la croissance et à développer l'emploi, à faire des efforts pour ramener le niveau de vie de la population dans la moyenne du supportable. Atteindre ces objectifs sera aussi répondre aux aspirations et aux espérances de nos collectivités territoriales (provinces) qui attendent légitimement que leur participation à la construction d'une économie nationale contribue à leur propre développement et au relévement du niveau de vie par la combinaison de leurs propres efforts et du soutien de l'Etat.

Le marché, qui va nous apporter son dynamisme créateur de richesses et permettre la relance de notre économie doit se compléter d'un Etat fort qui en assure le bon fonctionnement et en supplée les défaillances. Les objectifs qui doivent inspirer l'action économique future du Congo-Zaïre sont fondés sur une démarche libérale et responsable. Ceci signifie qu'en définissant clairement les bases d'une économie ouverte, les pouvoirs publics s'attacheront à lui accorder un visage humain.

L'UNIR MN entend promouvoir un système de politique économique où l'Etat se désengage des activités de production en encourageant l'initiative privée, mais crée les conditions permettant à l'activité économique de se dérouler dans un environnement respectueux de l'Etat de droit. L'objectif est de libérer les forces du dynamisme, et de reduire toutes les entraves au fonctionnement d'un marché compétitif favorable à une meilleure relance économique pour la croissance et l'emploi.

En amont, les pouvoirs publics devront mettre en place les infrastructures essentielles au déploiement des forces du développement économique, accorder les meilleures garanties aux investisseurs qu'ils soient locaux ou extérieurs, et préparer le terrain à l'essor d'une économie compétitive. L'UNIR MN entend encourager la privatisation partielle ou du moins l'ouverture du capital de certaines entreprises publiques. Dans le cadre de la privatisation partielle, un partenariat judicieux de l'Etat avec les investisseurs privés permettra non seulement d'attirer des capitaux frais mais également, à terme, d'escompter une plus grande rentabilité des entreprises dont la gestion sera devenu totalement privée.

La création de zones franches pour les industries touristiques, manufacturières et autres, mettant à profit la disponibilité d'une main-d'œuvre qualifiée et relativement peu coûteuse, devrait permettre de relancer des secteurs entiers de l'économie du pays, grâce aux capitaux privés.

Les marchés ne sont que des moyens, des mécanismes dominés trop souvent par la loi du plus fort ; des mécanismes qui peuvent engendrer l'injustice, l'exclusion, la dépendance si des contrepoids nécessaires n'y sont pas apportés par ceux qui peuvent s'appuyer sur la légitimité démocratique. A côté des marchés, il y a place pour les activités économiques et sociales fondées sur la solidarité, la coopération, l'association, la mutualité, l'intérêt général.

La création d'un espace économique dynamique sera complétée par quelques politiques d'accompagnement :


- Un programme de réseaux transrégionaux. Que du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest, les populations du Congo-Zaïre soient reliées entre elles par des moyens modernes, rapides et sûrs, par le rail, la route ou l'avion ; que les énergies irriguent nos régions, que les informations s'échangent grâce aux techniques et aux infrastructures les plus avancées. Nos priorités visent à améliorer essentiellement les réseaux routiers et ferroviaires.

- Mettre l'accent sur la dimension sociale des échanges, afin de rappeler la nécessité de bâtir les relations économiques sur le respect des droits fondamentaux des travailleurs, des femmes, des enfants, des organisations sociales, professionnelles. Rien ne se fera vraiment si les partenaires sociaux ne trouvent pas la place qui doit être la leur dans la construction d'une économie dynamique. Dans cet esprit, l'UNIR MN préconise l'organisation, en concertation avec les organisations syndicales et professionnelles, d'une conférence en vue de la mise en place d'une politique de refondation sociale pour rénouer le dialogue social abandonné depuis plus de trente ans dans notre pays. Avec les partenaires sociaux, l'Etat définira des politiques dans les domaines de l'organisation du travail, de la formation professionnelle, de la lutte contre les exclusions.

En aval, l'on s'attachera à réduire les obstacles et les éventuels inconvénients de la logique libérale par le développement des Services publics. Ainsi, une politique de redistribution devra permettre d'encourager aussi bien l'accès aux soins, à l'éducation et au travail, l'instauration d'un salaire minimum, qu'une démarche globale d'aménagement et de développement du secteur public